Brève histoire avant de rejoindre la Croatie

Entre imprévus et belles rencontres

L'Italie et ses magnifiques pages de méditérannées

Pour nos journées de visite, je n’avais rien planifié de précis. Pas d’itinéraire, pas de programme. L’idée, c’était simplement de flâner dans la ville, le nez en l’air, à la recherche des émotions ressenties deux ans plus tôt.
Mais dès les premières heures, une petite déception : une foule impressionnante de touristes, bien plus nombreuse qu’à notre précédent passage… Et pour couronner le tout, la fontaine de Neptune, dissimulée derrière des palissades de chantier. Malgré tout, au détour de quelques ruelles, quelques nouvelles perspectives nous offrent encore de beaux instants d’émerveillement.

la tour de pise avant elle etait droite

Le lendemain, nous décidons de reprendre les vélos pour explorer la ville autrement et tenter, au passage, de résoudre mon problème de batterie. En vain : aucun réparateur ne pourra m’aider. Nous rentrons donc vers le centre, et je m’arrête devant le Palais Vecchio… du moins, j’essaie. Un instant d’inattention, un geste maladroit, et me voilà étalé de tout mon long devant une foule de touristes médusés. Une douleur vive me saisit le bas du dos, mais après un moment de repos, je parviens tout de même à remonter en selle et à regagner notre campement.
La douleur, hélas, s’intensifie dans la soirée. Finalement, nous appelons une ambulance. Direction les urgences. Après plusieurs heures d’attente, peu avant minuit, le verdict tombe : rien de cassé. Un simple traumatisme… mais douloureux tout de même. Il va falloir envisager un retour anticipé, et surtout, adapté à ma condition.

Nous restons encore deux jours sur place avant de nous résoudre à rentrer plus tôt que prévu vers notre Jura natal. Le plan : rejoindre Livourne, embarquer pour Bastia, puis reprendre un ferry vers Marseille, où nous pourrions louer un véhicule pour finir le trajet.
La douleur semblant plus supportable à vélo qu’à pied, nous reprenons la route en douceur, avec une halte d’une journée à Pise.

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superbe statue très ancienne

Une longue journée de pédalage prudent nous conduit enfin jusqu’à la ville. Je m’y perds un peu — ma carte, incomplète, n’aide pas beaucoup — et il nous faut demander notre chemin « à l’ancienne ». Nous finissons par longer les remparts, austères et magnifiques, d’où surgit, au détour d’une ruelle, la célèbre Tour de Pise. Vision magique. Notre camping est tout proche.
Le lendemain, visite tranquille : nous avançons vélos à la main, parmi la foule compacte de touristes venus admirer la place des Miracles. Malgré l’affluence, l’émotion est intacte. Nous déambulons ensuite sur les quais de l’Arno avant de revenir admirer une dernière fois la tour penchée. C’est là qu’un cyclotouriste chinois nous aborde, curieux et souriant. Malgré la barrière de la langue, nous échangeons quelques mots, des sourires et une photo souvenir — lui, nous, la Tour et nos vélos. Un instant simple, mais universel. Comme souvent, je regrette de ne pas mieux parler d’autres langues…

Le lendemain, courte étape : nous suivons l’Arno jusqu’à son embouchure, puis longeons la côte vers le sud jusqu’à Livourne. Une pluie persistante à midi, puis une averse d’orage à notre arrivée… Heureusement, le camping dispose d’un abri sous lequel nous passerons la soirée, au sec, à écouter le tonnerre.

Réveil à cinq heures le lendemain : embarquement prévu à huit heures pour Bastia. Le plan est simple : arrivée vers treize heures, puis un second ferry le soir-même pour Marseille. Tout se déroule parfaitement — jusqu’au moment du débarquement.
Après quatre heures de traversée, discussions et lectures pour tuer le temps, nous nous apprêtons à sortir. Mais dehors, surprise : ce n’est pas Bastia… c’est Livourne ! Une avarie en mer, et nous voilà revenus au point de départ. Mon beau plan s’écroule.

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S’en suit une longue attente au port. Les passagers restent étonnamment calmes, et une Italienne parlant parfaitement français nous aide à comprendre la solution proposée : un transfert en car jusqu’à Gênes, où nous embarquerons sur un autre ferry de nuit pour Bastia. Nuit et repas pris en charge.
Nous faisons route avec un cyclovoyageur italien, inquiet pour son vélo ultraléger en carbone. Et on le comprend !
Arrivés à Gênes, un peu de confusion pour trouver le bon terminal, mais finalement, nous embarquons. Grande cabine, repas un peu douteux (presque à la limite de l’intoxication !), et au matin, enfin, Bastia.

Le jour suivant, nous attendons notre ferry pour Marseille en profitant d’une plage voisine. L’embarquement du soir se déroule sans accroc. Pas de cabine, mais un fauteuil fera bien l’affaire pour la nuit.
À l’arrivée, tout semble rentrer dans l’ordre — sauf ma réservation de voiture, annulée sans explication. L’agence est débordée, grève SNCF oblige. Plus un seul véhicule disponible en centre-ville. Un employé compatissant nous oriente vers une agence plus éloignée ; je tente une réservation en ligne… et miracle, elle est validée !
Un cycliste local, voyant mon air perdu, nous guide gentiment jusqu’à la bonne direction. Encore un geste qui redonne foi en l’humanité.

Arrivés à l’agence, une dernière surprise : malgré la confirmation, aucun véhicule disponible. Cette fois, j’en ris. Un client rapporte une voiture juste à ce moment-là, et le gérant, compatissant, nous la cède. Enfin, nous pouvons rentrer chez nous, un peu fatigués, un peu cabossés, mais riches d’une aventure de plus à raconter.

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